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Un chemin vers la simplicité

 -- De Taizé à Assise: Un Chemin vers la simplicité --

par Philippe Wanufel, ancien élève, éducateur et professeur et ancien "Compagnon" au Collège Saint-Michel

→ voyez une courte présentation en bas de cette page ↓

Soutenir Philippe (clic!)

Les dons de 40€ (min.) sont déductibles fiscalement à hauteur de 45%.

 

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27 juin 2022, Philippe était l'invité de "Radio Catholique Francophone". 

Voici son enregistrement: clic! (fichier audio 28 Mo) et l'articlie qui lui est consacré: clic!

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13 mai 2022, Philippe était l'invité d'Adrien de Vyver dans l'émission de la RTBF "La grande forme" https://www.rtbf.be/emission/la-grande-forme

Il a pu expliquer son projet et nommer les deux associations qu'il soutient.
extrait audio: clic!

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Mars 2022: Journée solidarité au Collège Saint-Michel.

Aujourd'hui j'ai rencontré les élèves des trois premières années du Collège Saint Michel de Gosselies .

Une journée fatigante; je n'avais plus l'habitude de parler autant. Mais aussi une journée riche en émotions et en échanges. J'ai été agréablement surpris par leur attention durant mon exposé et par les questions souvent pertinentes qu'ils me posaient ensuite.

Cette journée s'inscrit dans le partenariat que le Collège m'a proposé avec eux dans le cadre d'une journée solidarité. Plutôt que d'aider une association extérieure comme les autres années, le Collège a accepté de soutenir personnellement pour mon aventure alpestre en tant qu'ancien élève, ancien éducateur et ancien professeur du Collège.

Je tiens ici à les remercier et plus spécialement la direction, l'économe et le responsable de la Pastorale scolaire.

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Mars 2022: article de Philippe Wanufel dans le magazine trimestriel d'arthrites asbl (en page 8)

Arthrites Mag109

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-- De Taizé à Assise: Témoignage --

par Philippe Wanufel, ancien élève, éducateur et professeur et ancien "Compagnon" au Collège Saint-Michel.

Février 2022:

Chers parents, chers amis,

Ceux qui me connaissent savent la période difficile que j'ai dû traverser suite à l'envol de l'amour de ma vie, mon épouse Françoise. Lorsque l'on perd la moitié de son cœur il faut du temps pour que les cicatrices se referment.

Dans ma reconstruction, j'ai imaginé un projet un peu fou que je vous livre ici dans les pièces attachées à ce mail: relier à pied Taizé et Assise (1200 km à travers les Alpes et les Apennins) au profit de deux associations qui me tiennent à cœur: Arthites.be et la Maison Mieux Être.

Pourquoi Taizé et Assise?

Comme (anciens) professeurs de Religion au Collège Saint Michel, Françoise et moi avons animé un groupe de réflexion appelé le Groupe Saint François. Ce nom puisque la personne de saint François d'Assise nous semble être un modèle assez intéressant pour les jeunes d'aujourd'hui dans sa propre volonté de vivre la simplicité, la joie, la méditation et la vie commune.

Nous retrouvons également toutes ces qualités chez les Frères de Taizé, Communauté que nous avons ralliée avec de nombreux jeunes en de nombreuses occasions.

C'est donc tout naturellement que je me suis dit qu'un périple de l'un à l'autre pouvait m'apporter joie, confiance et envie de simplicité.

Pourquoi ces deux associations ?

Depuis plus de 20 ans, je souffre d'une polyarthrite qui m'a obligé à prendre ma pension bien trop tôt. Heureusement, celle-ci est pour le moment en rémission. Je suis membre de l'association Arthrites.be et depuis quelques mois j'en suis même devenu le président.

Dans les derniers mois de sa vie, Françoise a eu l'occasion de profiter des soins et des services de la Maison Mieux Être de Charleroi avec des bénévoles qui viennent en aide aux personnes atteintes du cancer.

On leur prodigue des soins. On les écoute. On les aide à traverser cette période ô combien difficile.

C'est donc aussi tout naturellement que je désire remercier ces associations.

Vous imaginez bien que cette aventure demande une préparation importante en termes de nourriture, coaching, achat de matériel adéquat...

Ma petite pension ne suffit pas à une telle entreprise. C'est donc humblement que je vous demande de l'aide dans le cadre de ce périple.

Vous pouvez m'aider de différentes façons:

- soit en versant un don à l'une ou l'autre des associations;

- soit en choisissant plutôt de m'aider dans la préparation de ce voyage.

Il est évident que le solde de la somme reçue personnellement sera reversé aux associations susnommées.

Un dicton dit: " Le plus difficile dans un long voyage c'est le premier pas ".

Merci d'avance de m'aider à le faire.

Bises à tous

Philippe, Bill, Papy Bill, Wanu, Cigale, Grizzly, M.Wanufel (selon le groupe dans lequel vous m'avez connu).

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Parcours: du jeudi 28 juillet au ... août 2022

Jour1:

Quel premier jour!

Pour vous en faire part, je me dois de commencer par la célébration du soir à Taizé ce dimanche à laquelle je me suis fait un plaisir d'assister.

Quelle ne fût pas ma surprise en entendant la lecture de l'évangile du jour tiré de la 1re épitre aux Corinthiens: "L'amour prend patience... l'amour ne finira jamais ". Le jour anniversaire (25 mois) du départ de Françoise de cette terre et à la veille de mon départ, c'est le texte choisi pour notre mariage et pour ses funérailles qui est proposé aux Chrétiens. N'est-ce pas la preuve de sa présence à mes côtés ?

Bon, l'étape maintenant...

Levé à 6 h. pour éviter les grandes chaleurs, je démarre à 6h30 pour une promenade de 18 km sur une voie verte d'abord puis sur un GR qui devait me mener à Sainte Cécile.

Le souci c'est que j'y suis à 10h30.

Comme il ne faisait pas chaud, que j'avais encore de bonnes sensations et que j'étais certain d'avoir un bon repas, une bonne douche et un bon lit (puisque mes amis Françis et Mireille non contents de m'avoir conduit à Taizé me proposaient de venir me chercher où j'étais et de m'y ramener le lendemain), j'ai regardé la fiche de l'étape suivante et hop j'ai marché 11 kms supplémentaires afin de les retrouver dans l'après-midi.

Je rassure tout le monde: je ne ferai pas cela tous les jours mais l'occasion était trop belle de gagner un jour sans savoir ce qu'il adviendra de moi dans les prochaines semaines.

J'aurai encore plein de choses à vous raconter mais je ne veux pas vous barber avec mes histoires. Juste vous tenir au courant, vous tous qui m'encouragez et qui êtes dans mon cœur.

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Jour 2: Tramayes - Malval, 22 kms

C'est vers 9 h. que mes amis m'ont déposé sur la place de Tramayes. Je ne les remercierai jamais assez pour le service rendu et pour les beaux jours partagés avec eux.

Je prends donc la route sous un soleil voilé; cela m'arrange assez bien.

A peine parti, je me mets comme hier à faire un scanner corporel.

Mon gros orteil droit gonfle un peu. Mes épaules n'ont pas récupéré d'hier. Mon dos est douloureux.

Et puis une petite voix intérieure me dit: "Arrête de râler vieux ronchon. Profite."

Et j'ai profité.

J'ai admiré ces beaux paysages. J'ai écouté le cri du geai annonçant mon passage. J'ai assisté à la bataille volante d'une buse et d'une corneille.

J'ai cueilli les mûres mûres avant de les entendre murmurer entre mes dents en laissant se diluer leurs arômes sucrées et gorgées de soleil.

La route a passé vite surtout qu'une chanson s'inscrustait dans mon cerveau.

"La route est courte, ce serait dommage de se croiser sans se regarder. La route est courte, ce serait dommage de se croiser sans se rencontrer"..

Passage par le col d'Avenas. Quelques erreurs de direction.

Et puis arrivée à Malval pour loger au "prix pèlerins" dans une chambre d'hôte situé dans un centre équestre.

Suite demain. Je vous aime.

Jour 3: Malval - Saint Cyr le chatoux

L'annonce du décès du plus jeune frère de maman, mon oncle Jean-Pierre m'a un peu coupé le moral. Cela évoquait tant de souvenirs et le réel plaisir d'avoir grandi dans une famille nombreuse avec de nombreux cousins dont nous avons toujours autant de joie à nous rencontrer.

Tonton Jean-Pierre était un gentil, toujours accueillant avec sa famille.

A Dieu tonton. Tu seras avec moi sur mon chemin.

A propos de chemin, je vous ai quittés hier dans un gîte cavalier où j'ai passé une agréable soirée et une bonne nuit.

Ne voulant pas marcher sous la chaleur et connaissant l'étape qui m'attendait, j'ai décidé de me lever à 5 h., de déjeuner et de partir à 6 h. J'avais trois kms pour arriver à Beaujeu. J'ai eu le temps de gamberger. Je me suis étonné de ne pas encore avoir rencontré de pèlerins et donc je me suis inventé quelques personnages avec qui converser.

Je vous les présente:

- Jack, mon sac à dos

- Freddy, mon GPS

Et mes petites voix intérieures:

- Françoise, la voix de la sagesse et de la moralité

- Bill, le clown facétieux,

- Grizzly, la force tranquille,

- L'étourdi, celui qui pense et dit n'importe quoi n'importe quand,

- Phil, le mâle orgueilleux et sûr de lui,

et Benaless celle qui me rappelle de ne rien oublier lors de mes arrêts.

A peine arrivé à Beaujeu (7 h. du matin), j' ai la surprise de découvrir un marché matinal. Je vois un marchand de légumes avec de belles tomates. Au moment de lui en acheter deux, Françoise intervient en me disant qu'il faut d'abord faire le tour du marché avant d'acheter. Phil lui répond qu'on n'a pas que cela à faire et que des tomates feront l'affaire. Françoise dit quand même que des tomates dans un sac à dos. C'est vrai qu'au départ on pensait ajouter des fruits à notre repas de midi.

Nous voilà repartis, non sans que Benaless m'ai rappellé que j'avais déposé mes bâtons pour payer.

Mes enfants, pour sortir de Beaujeu, une côte à du 14 % et cela ne faisait que commencer. La matinée s'est déroulée au rythme des descentes et des montées sur des chemins caillouteux et secs où le moindre pas doit être assuré si on ne veut pas glisser ou se tordre la cheville .

A un moment, Françoise est intervenue pour demander s'il ne serait pas temps de manger. Grizzly a répondu que ce serait peut-être bien d'attendre d'être à l'ombre puisque on approchait de midi.

Et puis coup du sort, nous découvrons un endroit de pique-nique couvert où je prends mon dîner et un peu de repos.

L'étourdi lance l'idée de laisser un graffiti de plus, signe notre passage. Bill me propose d'écrire les noms de tous les petits enfants, ce à quoi Françoise rétorque que nous n'avons pas le temps de graver des souvenirs partout. Grizzly intervient pour dire que les souvenirs je dois plutôt les graver dans mon disque dur intérieur. Il commence à bien me plaire le Grizzly.

Après un rappel de Benaless de bien regarder partout, je me remets en route et là deuxième surprise, mes premiers pèlerins. Bruno et Audrey viennent de la région de Lille et ils font le chemin d'Assise en plusieurs étapes. On se donne rendez-vous à l'étape puisqu'ils logeront dans le même village que moi.

Il me reste quand même deux heures à monter et descendre pour rejoindre St-Cyr le chatoux, mon étape du soir.

Suite demain. Je vous aime. Et bonjour de tous les copains

P.s.: A tous ceux qui aiment Google, j'aimerais savoir combien de patelin français ont un Saint dans leur nom parce que depuis 3 jours c'est infernal ce que j'en vois.

Merci de l'information.

Jour 4: Saint Cyr le chatoux - Villefranche sur Saône

Quelle surprise hier soir de retrouver au gîte François (et pas Bruno) et Audrey, les deux pèlerins rencontrés dans la journée. Nous sommes accueillis par César et Bruno dans une vieille maison pleine de charme.

Après une bonne douche et quelques papotes, nous partageons à la bonne franquette un excellent repas avec entre autres des courgettes et des tomates du jardin.

Ce matin, de bonne heure pour éviter les chaleurs nous déjeunons avec Bruno, César ayant sûrement eu du mal à digérer la défaite des bleuettes.

On se dit au revoir et je pars quelques moments avant le couplé de mes nouveaux amis.

Dans la première montée, une femme en voiture s'arrête à mon niveau et me demande si je veux de l'aide. Croyez le ou non mais j'ai répondu que j'étais sur le chemin pour marcher.

Je l'ai regretté un peu plus tard car, si c'était à peu près la seule montée de la journée, c'en était une belle.

Arrivé à la superbe chapelle de ...(?) en rénovation, je me suis arrêté pour attendre mes amis lillois et leur proposer de marcher avec eux. Ce qu'ils ont accepté avec joie.

Nous avons donc quitté les monts du beaujolais pour descendre sur Villefranche-sur-Saône par les vignes.

A 12 h. nous étions arrivés et comme nous n'avions pas le même logement nous avons pris congé en espérant se revoir.

Par contre le problème quand on arrive à midi, c'est qu'il faut parfois tuer le temps. En effet je ne suis attendu chez mes logeurs qu'à 17h30.

Quelques courses, quelques visites et une très longue pause sur le banc du parc de haute claire où j'ai dîné et me voilà bientôt à sonner à leur porte.

A demain. Je vous aime.

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Jour 5: Villefranche sur Saône - Rancé

Belle soirée hier chez Jean-François et Monique où nous avons eu des discussions enrichissantes avant de déguster le saucisson beaujolais, une préparation au.... vin du terroir.

Surprise du matin: Jean-François me propose de me conduire à l'extérieur de Villefranche sur la route de Ars.

Dans l'auto j'ai eu droit aux reproches de Françoise qui me dit que je devais tout faire à pied. Pendant ce temps Bill s'amusait tandis que Benaless se demandait si j'avais bien repris ma brosse à dent et mon dentifrice dans la salle de bain.C'est encore une fois Grizzly qui a eu le dernier mot en regardant par la fenêtre les quartiers que nous traversions et en disant:"Tu n'as rien perdu de monter dans l'auto".

Arrivé de l'autre côté de la Saône me voilà sur terrain plat à 6kms seulement de Ars la patrie du Saint Curé dont l'histoire a bercé mon enfance. En effet à l'école primaire chez les frères déjà on nous racontait l'histoire de cet humble serviteur de l'Eglise. Elle a aussi été avec celle de Don Bosco une de nos premières BD. Et puis au collège le père Ghislain Denis nous a expliqué pourquoi il avait choisi comme nom d'ecclésiastique le prénom de ce Jean-Marie Vianney.

Arrivé assez tôt à Ars sur formans je décide donc de visiter. Je ne suis pas un grand fana des lieux de culte mais, entré dans la basilique ( qui, elle, n'a rien d'humble) j'ai décidé de participer à une célébration de pèlerins qui commençait.

J'ai été, je l'avoue, frappé par la ferveur et la joie de ceux-ci.

Ce qui m'a plu aussi c'est la visite de la maison de ce Curé de paroisse qui rendait bien l'idée de ce détachement des biens matériels de ce Saint homme.

Et, ô surprise, à l'entrée de la maison se trouvait le texte de la 1ère épitre aux corinthiens. Réaction directe de Françoise :" Tu vois que je suis avec toi"

Deux fois en quelques jours, il n'y a plus de hasard.

Me voici reparti pour une courte marche de 5kms vers Rancé où j'avais fini par trouver un toit pour la nuit, tous les gîtes de Saint Jean de Périgueux, mon étape étant retenu par un... concours de golf junior.

J'ai mangé sur une aire de jeux à l'entrée du village avant de me rendre chez Jean-Pierre et Denise qui m'accueillent en ce jour.

A demain. Je vous aime

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Jour 6 Rancé - Pérouges

En démarrant mon périple, pèlerinage, paix intérieure, je m'étais dit que je donnerais toujours priorité à un logement chez l'habitant. Toute hospitalité demande la participation active des deux parties. C'est pour cela qu'on leur donne le même nom: hôte.

Donc aussitôt ma douche prise, je m'engage dans une bavette avec mon où mes hôtes du jour.

Hier pas eu le temps de la douche. A peine rentré Jean-Pierre me demande: "Vous êtes chrétien", ce à quoi je réponds par l'affirmative. "Venez alors, dit-il, nous allons prier". Sa femme tente bien de le retenir mais il l'entraîne avec nous en m'expliquant que Jésus l'avait désignée comme sa bergère et qu'il devait la suivre.

2 h. plus tard (vous lisez bien) nous sortons grâce à une fatigue simulée et une envie de douche non simulée de prières de pardon, de discussions sur mes ancêtres, de tentative de prières de guérison de ma polyarthrite. Attention tout n'est pas à jeter mais je suis un peu sceptique vis-à-vis de ces personnes qui se croient pourvu d'un don qui leur vient du très haut..

Croyez le ou non, ma sieste à duré longtemps après la douche.

Encore une fois ces personnes sont très gentilles et veulent bien faire mais dans la forme...

Ce matin je quitte donc mes nouveaux frères sous une pluie de bénédictions et me dirige vers Pérouges, 32 kms plus loin.

Il va faire chaud donc je profite du matin pour avancer d'un bon pas.

Avant de quitter la maison, Benaless m'avait fait retourner dans la chambre me disant que j'avais oublié les deux mousquetons qui servent à maintenir ma gourde en place. Ils n'y étaient pas mais pas non plus sur le sac. On verra au premier arrêt.

Justement on s'arrête à l'intermarché et nous deposons Jack à la garderie. Il rouspète bien sûr en disant qu'il ne peut jamais rentrer.

Quand il nous voit revenir avec un pain au noix, un saucisson, un litre de jus et un fromage de chèvre il explose en disant: "Qui va encore porter cela ? J'en ai plein le dos". Je lui réponds gentiment que si il y a bien quelqu'un qui peut en avoir plein le dos c'est moi. "Oui, mais toi tu maigris tandis que moi je gonfle. C'est moi qui aurai bientôt besoin d'un coach sportif."

Nous repartons sous le regard entendu de grizzly et de Françoise pour une fois silencieuse. Commence alors une magnifique partie de chemin avec des étangs à perte de vue malheureusement presque tous privés. Ceux qui me connaissent comprendront que je n'ai pu m'empêcher de m'arrêter maintes fois.

J'ai assisté à l'envol de trois hérons cendrés. J'ai écouté le cri typique du canard siffleur et j'ai admiré le plongeon tout en finesse et en vitesse du martin pêcheur. Mais l'heure tournait et avec mes nombreux arrêts j'avais perdu les fameux Tau qui balisant le chemin. Heureusement Freddy nous a vite trouvé une solution de rechange et nous avons repris la (longue) route.

Et puis à la sortie d'un bois, elles nous sont apparues lointaines mais déjà majestueuses: les Alpes.

Phil n'a pu s'empêcher de prononcer un peu moins sûr de lui:" Et il va falloir traverser cela." Tout le monde s'y est mis.

Françoise : "Tu peux arrêter quand tu veux. Il n'y a pas de honte. L'essentiel est atteint

Bill: Hannibal les a bien traversées avec des éléphants

L'etourdi: des éléphants! Où cela des éléphants ?

Freddy: je peux vous trouver des raccourci

Benaless: Toujours pas vu les mousquetons !

Grizzly: Comment allons nous passer les Alpes ? Nous les traverserons pas après pas.

Ce fût la parole qui remis tout le monde en marche vers cette magnifique cité médiévale de Pérouges où une dame du centre Bethanie viendra nous chercher pour nous héberger.

Les derniers kms ont, je l'avoue, été difficiles et, comme elle me l'avait proposé au téléphone, j'hésitais à la faire venir plus loin.

Là, Françoise a explosé: Espèce de vieux macho orgueilleux, comment veux tu aller au bout de ton périple si tu dépasses déjà tes limites la première semaine? Ce à quoi Grizzly a répondu tous bas:" Elle a raison."

J'ai fléchi et j'ai dit: la prochaine route carrossable que l'on rencontre je sonne.

Ce fut 5 kms plus loin à l'entrée de Pérouges où une dame m'a dit: "Rendez-vous à l'eglise", je leur ai dit "désolé les gars" je n'ai pour seule réponse des regards farouches sauf l'étourdi qui cherchait toujours après les éléphants.

A demain. Je vous aime

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Jour 7 Pérouges - Pérouges

Kcentre Bethanie, j'ai de suite été touché par la gentillesse, la douceur et la foi qui ressortaient de cette petite bonne femme, Louise, responsable de Béthanie.

Béthanie est une famille où chacun, paumé, handicapé, personne en décrochage social peut trouver un toit et où manger en participant à la vie de la famille. Louise insiste bien sur le mot famille car elle les considère tous comme ses enfants. Cette famille vit de production et de ventes diverses: confitures, jus ,...

Je me suis senti vraiment bien dans cette petite communauté. J'ai donc décidé de prendre un jour de repos (merci Françoise) et pour partager avec eux et visiter ce fameux village médiéval de Pérouges. Après un petit déjeuner assorti de longues conversations et une courte visite du village, nous montons dans la voiture pour aller à la messe dans une ville voisine non sans avoir auparavant, après les demandes constantes de Benaless, vérifié que mes mousquetons n'étaient pas dans le chargement de Jack qui soupirait d'aise au fur et à mesure que je le vidais. Première perte.

Au retour de la messe, nous avons dîné avec toute la famille du plus jeune fils de Louise venue en visite Dominicale.

Ensuite direction Pérouges en laissant en paix pour l'après-midi Jack, Freddy de toute façon à plat et Lapin.

Ah oui je ne vous ai pas encore parlé de Lapin ( L'APpareil INcontournable) mon GSM. J'ai failli l'appeler Malin (malheureusement indispensable) mais cela faisait trop diabolique et c'est quand même grâce à lui que je vous tiens au courant de ce voyage.

J'aurais voulu laisser aussi Benaless qui depuis la vérification de la perte de mes mousquetons "se la pète grave" mais les petites voix intérieures sont difficiles à faire taire.

Me voilà donc dans cette cité médiévale comme revenu quelques siècles en arrière.

Cela a meublé mon après-midi et m'a permis de donner à mes jambes leurs exercices quotidiens.

De retour à Béthanie quelques parties de Scrabble avec les adultes, quelques passes de foot ou quelques tours de magie avec les enfants meublent la fin de ma journée avant un délicieux souper.

Un dernier passage à la chapelle et me voilà au lit près à me rapprocher des Alpes.

A demain. Je vous aime.

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 Jour 8 Pérouges - Saint-Sorlin en bugey

Décidément la vie fait souvent bien les choses.

Quand nous nous piquons à une ortie, nous trouvons presque toujours aux alentours un remède naturel: le plantain.

Louise et sa "famille Bethanie" ont été le remède à mon expérience négative du jour précédent.

Voilà le véritable message d'Amour: l'accueil, le partage, la communauté et une prière du cœur et partagée et non pas un gourou récitant des litanies.

Comme cette journée m'a fait du bien! Je reviendrai à Béthanie (en plus j'y étais arrivé le jour de la fête de Marthe, Marie et Lazare, par "hasard"?)

Il fallait bien partir. Ce fut fait avec la promesse d'un retour et après une vérification au frigo commandée par Benaless pour s'assurer que j'avais bien pris fromage et saucisson.

Et voici notre dernière étape de plat. Elle va nous faire traverser l'Ain pour arriver au Rhône.

Les montagnes se rapprochent dangereusement. Le manque d'eau est de plus en plus perceptible. Les agriculteurs ne cessent d'arroser. Les rivières sont dramatiquement basses.

Au milieu de la journée, je profite de l'accueil organisé au château de Chazey sur Ain pour les pèlerins. Une très gentille dame qui a eu le mérite de réveiller l'étourdi a rempli mes gourdes et m'a offert une bouteille supplémentaire sortant du frigo.

Bill et l'étourdi me bassinait pour continuer la causette mais je devais garder du temps pour faire quelques courses avant la montagne.

En effet demain et après demain, il n'y aura pas de possibilité de trouver du ravitaillement. Il faut donc prévoir pour 2 jours. Jack va encore râler. En passant à Lagnieu je m'arrête donc au lidl pour quelques achats que je porte à la main les 2 derniers kms pour préserver Jack et mes épaules.

Mon logement du jour est original. C'est la salle paroissiale pourvue d'une cuisine de quelques tables, de lits pliants et d'une douche. Parfait.

Plus grand désavantage de ce logement: c'est que je suis seul. Pas de rencontres aujourd'hui, pas de partage de vie.

Plus grand avantage maintenant: c'est que je suis seul. Je peux étaler tout mon barda, prendre 2 ou 3 douches, souper et déjeuner à l'heure que je veux. Cela me permettra aussi de répondre à quelques uns de mes mails en retard.

Demain les affaires sérieuses commencent: 1.100 m de dénivelé positif. Allez!

A demain. Je vous aime.

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Jour 9 Saint Sorlin en Bugey - Ordonnaz

Ce matin, j'ai eu droit à un réveil en catastrophe. Benaless n'arrêtait pas de crier: "warning, warning, warning" allumant un gros bouton rouge dans ma tête. L'étourdi lui demande ce qu'elle a crier comme cela. Elle lui répond du tac au tac: "Il est 5 h., si on veut déjeuner avant de partir il est temps de se lever.

Vous n'avez pas vu le bordel qu'il a foutu l'autre ostrogoth là ?"

Je dois avouer que j'avais profité du grand espace de la salle paroissiale pour en mettre partout.

"Bon. On se lève" dis-je.

Quelques dizaines de minutes plus tard Jack était presque plein, j'avais pris ma douche, le lit était refait. Il nous restait à déjeuner. Quand j'ai voulu mettre le reste du déjeuner dans Jack, j'ai bien vu qu'il tirait la tête. "Une fois pour toute,Jack, c'est moi qui te porte. Je suis plus à plaindre que toi.

Nous démarrons donc à 6h30 notre montée qui durera 3 h. Mais quel spectacle autour de nous. En premier lieu nous découvrons le village et sa petite rue principale juste splendide.

Bill me crie: "Un graffiti"

"Non Bill, lui répondis-je, c'est une fresque du xve siècle.

La plupart des maisons sont à photographier. Arrivé à l'église, je suis frappé par une particularité rare que je vous laisse découvrir sur la photo.

Ensuite, plus nous montons plus les paysages deviennent intéressants sur la vallée du Rhône ou sur la chaine des Alpes.

Je suis tellement à la contemplation que j'en oublie de retenir mes pas.

Françoise: "Chou, tu vas trop vite. Tu vas le payer tout à l'heure".

Je l'écoute donc et j'écoute aussi mon corps en m'accordant de plus nombreuses pauses.

Il n'empêche je suis à Ordonnaz à 14 h. après avoir passé le grand golet (830 m), le col de loyon (900 m) et celui du Taporal (960 m) où j'ai eu la chance de voir un arbre remarquable (voir photo) pour passer le col des portes (1071 m).

Commenca alors la descente vers Ordonnaz où, réfugié dans l'église en attendant mon hôte, je rédige mon compte rendu du jour.

A demain. Je vous aime

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Jour 10 Ordonnaz - Brens

Quel délice que de commencer sa journée par une promenade au petit matin dans un village encore tout enrubanné de sommeil!

Le moineaux se querellent pour les miettes d'un BBQ tardif. Les rayons du soleil s'approprient déjà les cheminées des maisons pour envahir tout le reste plus tard dans la journée. Mon esprit est à la chanson.

"Profite, mon cœur, dit Françoise, nous n'avons pas eu souvent de moments pareils. J'étais trop souvent dans l'action et non dans la contemplation."

"Je t'ai toujours aimée comme tu étais mon amour", lui répondis-je.

"Hé les amoureux il est tîmp di roter savé" nous lance Bill.

C'est ce que nous faisons depuis 6h30, moment où nous avons quitté la maison de Coralie et ses deux ados où nous avons été fort bien reçus.

La journée s'annonce chaude et le programme aussi. En effet je n'ai pu trouver un logement que 26 kms plus loin mais avec beaucoup de descentes.

Mais quelle magnifique paysage encore. Entre Ordonnaz et Innimond, je traverse des forêts entrecoupées de vertes prairies où je rencontre mon premier chevreuil. Innimond est un village magique avec un café ultra fleuri que j'ai oublié de prendre en photo et toute une série d'immenses portes en bois qui malheureusement ne sont pas à l'abri de petits esprits (voir photo).

La descente vers Conzieu mérite elle aussi le détour. C'est ce que mes petits-enfants appellent un casse gueule et que nous avons l'habitude de prendre en courant. Ici, interdiction de Jack qui ne veut pas amortir mon éventuelle chute.

Plus loin Bill me crie que nous arrivons à un cul-de-sac avec une énorme clôture gardée par un chien.

Freddy et Lapin se mettent ensemble pour nous remettre sur le droit chemin.

Je dîne ou plutôt déjeune sur une table en pierre naturelle. La préparation de Coralie est délicieuse.

Je me remets en route en veillant à reposer mes épaules toutes les heures en déposant Jack à l'ombre.

Plus tard ,lors d'une de ces haltes je remarque la perte du sac avec mes baskets. Je m'adresse directement à Benalles: "Tu l'avais vu?"

"C'est Jack qui m'a dit de ne rien dire", répondit-elle

"Jack, c'est quoi ce deal ?"

"C'est des vieilles godasses et puis tu ne les mets pas et elles pèsent 360 grammes"

"Jack, tu as de la chance que nous avons besoin de toi sinon c'est TOI qui resterait ici. Compris. Allez en route! Tant pis! Deuxième perte."

La journée continue avec toujours autant de jolies choses à admirer.

A Veyrin vers 14 h. il fait 40 degrés. Je m'arrête sur un banc à l'ombre devant un vieux four à pain et remarque que mes gourdes sont à peu près vides. Je remets mon sac sur mon dos, prends ma gourde et me dis que je m'adresserai à la première personne sur le chemin pour la remplir. 2 km et demi plus loin je n'ai toujours vu personne. En France entre 13 et 15 h. surtout par 40 degrés on ne bouge pas. Je me décide alors à frapper à une porte.

Au moment de frapper Benaless s'écrie: "Qu'as-tu dans la main ?

"Rien puisque je vais frapper"

"Et dans l'autre ?"

"Bin, ma gourde Benalles, Que veux-tu que j'aie ?

Là, la pièce tombe et me fracasse le bas du crâne. Merde, mes bâtons !

Plus question de frapper à la porte. Je prends mon rythme "chasseur alpin" et je remonte (et oui !) les 2 km et demi descendus tantôt. J'arrive au four du village pour voir avec satisfaction que mes bâtons sont toujours là.

Il fallait bien repartir. Ce que j'ai fait en sachant qu'il me restait 6 kms et plus d'eau. Je me suis précipité vers un ancien lavoir où j'ai essayé pour la première fois ma paille filtrante.

Ensuite, comme convenu un km plus loin, j'ai sonné à mon hôte qui est venu me chercher. Je sens que je serai très bien chez eux.

A demain. Je vous aime

J10 01 J10 02 J10 03

Jour 11 Brens - lac du Bourget

J'ai vraiment passé un très bon moment avec Catherine et Daniel, deux personnes, accueillantes, authentiques et bienveillantes.

Comme ils ont une fille en Belgique, je leur ai suggéré de passer me dire bonjour. Nous nous reverrons peut-être avant car ils comptent terminer en septembre leur propre chemin d'Assise stoppé l'année passée pour cause d'orages sur l'Italie.

De plus, Daniel, fervent randonneur, m'a donné quelques précieux conseils sur l'étape du jour.

Je pars donc au lever du soleil (toujours la canicule) non sans avoir fait travailler Benaless et mon hôte Catherine pour mes bâtons.

Je reste émerveillé constamment par les paysages traversés.

La première montée vers "la Chartreuse" ancien monastère puis château-fort, maintenant propriété d'un particulier, est époustouflante au propre comme au figuré. La route (interdite mais suggérée par Daniel vu l'heure) longe les fortifications du château par la gauche et l'abandonne avec une belle vue de l'autre côté.

Je descends dans la ville de Yenne pour quelques courses (pauvre Jack) puis remonte vers St-Jean le Chevelu (qui a bien fait rire Bill) avant d'attaquer la montée vers le tunnel du col des Dents du Chat, tunnel uniquement réservé aux piétons et aux cyclistes et jouxtant celui des véhicules à moteur.

Au bout du tunnel, 1500 m. plus loin, la vue est splendide sur le lac du bourget, plus grand lac naturel de France. Dommage que les photos ne rendent que très mal l'instant.

La descente est assez difficile mais pas longue. Par contre il fait toujours aussi chaud (37°). J'ai déjà bu plus de 3 litres d'eau et j'attaque ma dernière gourde sur le long chemin macadamisé et sans ombre qui m'emmène au Bourget du Lac où j'ai rendez-vous devant l'église avec Pierre mon logeur du jour.

Je passe près de la plage et ne résiste pas à un second bain de pieds de la journée. Plus loin, une terrasse. J'y cours pour m'offrir la première bière de mon pélé. C'était une allemande légère et blonde (la bière) et elle m'a fait le plus grand bien.

Enfin j'arrive à Bourget et téléphone à Pierre. Il vient me chercher et me conduit chez lui au dessus d'Aix-les-bains où je partage tout l'étage de sa grande maison avec Jack et les autres.

Après quelques discussions sympathiques, je viens vous informer pendant que Catherine prépare le dîner comme on dit ici.

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Jour 12 Chambéry - Montmelian

Encore une magnifique soirée avec des hôtes charmants tout attachés à me faire plaisir. De très belles discussions, enrichissantes et profondes et une jolie surprise au matin puisqu'ils décident de laisser la PAF que tout pèlerin donne à ses accueillants au profit des deux associations pour lesquelles je marche. Geste touchant. Merci Catherine et Pierre. J'en profite pour vous remercier encore une fois pour tous les dons faits et pour tous ceux qui ont oublié de le faire remettre une photo des N° de compte.

Et ma journée ?

Lorsque j'avais programmé mon voyage, je n'étais pas encore sûr de moi point de vue physique. J'avais donc opté pour la solution qui suit la vallée de la Maurienne plutôt que celle qui traverse le massif de la Chartreuse avec quelques fameuses étapes.

Première déception ce matin puisque durant 8 kms, la voie verte (qui n'a de vert que le nom) se faufile entre l'autoroute, le chemin de fer et la nationale. Vous imaginez le bruit. Heureusement dans sa deuxième partie elle nous éloigne de ces calamités sonores pour passer par le sanctuaire de Myans et sa Vierge Noire.

Je visite le sanctuaire et le bar en face, mes gourdes étant vides. J' y repars après une bonne bière... sans mes bâtons (3e x). J'ai donc été bon pour une marche arrière mais de quelques centaines de mètres seulement, Benaless étant au taquet.

Sur la route, je réussi enfin à avoir un logement pour ma nuit en téléphonant à la paroisse.

Je suis à Montmelian 3 h. avant mon rendez vous et comble en partie en vous écrivant.

Je dois vous avouer que je vais relire mon roadbook et éviter au possible des trajets comme ce matin.

Mais je deviens peut-être trop difficile.

A demain. Je vous aime

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Jour 13 Montmelian - Aiguebelle

Quand on arrive trop tôt à un endroit, il faut meubler. Je vous entends me susurrer à l'oreille: "Visite!"

Mi dji vous bé mais quand on déjà fait plus de 20 kms avec Jack sur le dos on n'a plus qu'une envie: le jeter par terre.

Excuse-moi Jack: le poser par terre.

J'ai quand même été faire 2 ou 3 courses au lidl du coin car j'avais bien compris au téléphone que l'on pouvait juste me loger et en cachette de tous pour ne pas avoir d'ennui.

Et puis il y a eu cette rencontre improbable sur deux bancs, devant l'église où j'attendais, de cette femme qui visiblement trainait son ennui et qu'une voix douce bien connue ❤️ m'a enjoigné d'aborder.

"Vous avez besoin de parler, Madame", dis-je simplement. D'abord surprise, je l'entends me répondre doucement: "Pourquoi pas", en prenant place sur le banc à côté du mien.

"Je vous ai trouvé triste, m'excusais-je aussitôt, c'est pourquoi je me suis permis de vous aborder. Commence alors une discussion à bâtons rompus sur la chaleur qui la déprime, sur le sens de la vie, sur les religions, sur la planète et son avenir, sur mes 7 frères et soeurs et sur les neuf siens que sa maman nourrit toujours en faisant un potager de 1/2 hectare. Elle s'échine actuellement à pallier le manque d'eau.

Et puis cette dame repart avec à ses lèvres un sourire et un merci. Je ne sais même pas son nom mais je bénis cet instant de partage.

J'avais rendez-vous entre 17h30 et 18h30. C'est à cette heure que m'est apparu un gentil monsieur béninois qui se présente comme le Curé de la paroisse et qui me dit qu'il a une réunion ce soir, que je serai donc seul. Il m'ouvre la salle de catéchisme. Nous allons chercher un matelas et me voilà installé pour la nuit. Bill n'arrêtait pas de rire. Je lui en demande la raison. "M'étonne pas qu'il était en retard..."

"Bill, ce sont des idées préconçues", lui répondis-je avec un sourire.

J'ai donc mangé seul et me suis installé sur ma paillasse pour la nuit.

Quelques dizaines de minutes plus tard, éclatait un énorme orage qui déversa des trombes d'eau. Intérieurement je souriais et de suite a résonné en moi un alléluia pour cette petite dame qui nourrit ses 10 enfants en travaillant la terre. Françoise a pris la voix d'alto, Grizzly la basse, Phil et Bill celle de ténor et Benaless celle de soprano.

S'endormir sur un alléluia à 4 voix, c'est le pied.

Malgré ce matelas défoncé placé par terre, j'ai passé une excellente nuit et il était 6h15 quand je me suis réveillé. Le temps de déjeuner, de rassembler mon brol, de mettre de l'ordre et je démarrais à 7h15 pour une longue étape.

L'orage de la nuit avait tout changé. Je retrouvais le murmure des ruisseaux. Je sentais l'humus humide des sous-bois rafraîchis. Je n'étouffais plus en marchant. De plus, le parcours de cette matinée était varié et remarquable. Les vues sur les montagnes sont chacunes aussi belles.

28 kms plus loin, je regarde plus souvent mes pieds échauffês que les montagnes. La chaleur est revenue. Chaque fontaine est l'occasion d'un arrêt rafraîchissement ou/et bain de pieds.

J'arrive à Aiguebelle à 14h30 et j'attends mes hôtes au point de rendez-vous.

Grizzly pique un petit roupillon tandis que Benaless tape un oeil sur Jack et les bâtons.

Françoise me glisse à l'oreile: "Qu'est ce qu'on est bien!"

A demain. Je vous aime

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Jour 14 Aiguebelle - Saint-Jean de Maurienne

Que de jolis partages encore hier soir avec Bernadette et Jean-Luc, mes hôtes du jour! Autour du chemin, de la poésie, de l'aquarelle ou de cette magnifique région que je traverse.

Merci à eux pour cet accueil chaleureux. De plus, eux aussi, ont décidé de laisser leur "paye" au profit des associations que je soutiens.

En démarrant ma journée, je suis devant un problème nouveau. Je n'ai trouvé aucun logement pour mon étape suivante. En réservant pour lundi soir à St-Jean-de-Maurienne, je demande si elle peut éventuellement me recevoir ce dimanche et elle accepte.

Je me lance donc à 7 h. pour une étape de 40 kms.

Dès la sortie d'Aiguebelle, je remarque que le chemin nous fait suivre majoritairement une nationale. Autant de kms sur le bitume, je ne résisterai pas.

Françoise me dit:" Tu ne m'as pas écouté. Tu n'en fais qu'à ta tête."

Grizzly me propose:" Et si tu levais le pouce ?"

Bill enchaîne: "Oh oui ça peut être cool"

Je tente l'expérience et 3 min. plus tard, une voiture s'arrête et m'emmène 14 kms plus loin. Voilà une distance plus raisonnable même si la chaleur est déjà de retour vers 10 h. C'est le moment où je m'arrête sur une terrasse pour boire un bon perrier menthe. La dame en plus remplit mes gourdes en y ajoutant des glacons.

En partant, j'entends les cloches de l'église sonner l'appel à la messe et je m'y rends en bon pélerin.

Je dîne à la sortie du village de Les Planches où se déroulent des courses cyclistes.

Je repars de bonne humeur car on quitte enfin le bitume et la cigale vient nous inventer une chanson de son cru. Plus loin je me retrouve face à l'"Aura" une forme géométrique faite de +/- 40000 morceaux d'aluminium autant que le nombre d'habitants de la Maurienne.

Juste avant St-Jean, un lac lance à mes pieds une invitation que je ne peux leur refuser. Mon Dieu que c'est bon !

Arrivé à St-Jean à 15 h. il me reste à appeler mon hôte du soir pour venir me chercher.

Je visite quand même ce magnifique édifice avec des stalles en bois de toute beauté.

A demain. Je vous aime

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Jour 16 St Michel de Mauriennne - Modane

Je suis émerveillé tous les jours par la qualité de contact que je peux avoir avec mes hôtes du soir. Comme si l'urgence du départ obligeait à aller directement à l'essentiel. Ce fut encore une superbe soirée avec Sylvie et Pierre. De plus, non seulement ils n'ont pas voulu que je leur donne ma participation mais ce sont eux qui m'ont donné une enveloppe pour l'opération. Géniaux !

Il me fallait sortir de St-Michel ce matin et comme d'habitude par la nationale.

Heureusement pas pour longtemps.

Enfin "heureusement", c'est beaucoup dire. J'espérais un petit jour peinard (17 kms). Tu parles. Pour éviter la vallée il faut... "monter"

"Bravo Bill, toi, tu suis."

 C'est ce que j'ai fait, monter, descendre, re-monter, re-descendre...

Mon point le plus haut a été un col à 1514 m. alors que nous partions de 698 m. Mais quelle belle étape!

J'ai grimpé des chemins qui serpentaient entre pierres et racines. J'ai traversé des torrents en y laissant parfois tremper mes pieds. J'ai admiré les toits faits de lourdes pierres plates destinées à soutenir le poids de la neige. J'ai photographié une vieille croix dont le bois part en poussières mais où des fidèles déposent des pierres à sa base comme pour l'empêcher de tomber ou de s'envoler. Je me suis aussi permis quelques pauses "repose-épaules" durant lesquelles Benaless était au taquet et Jack piquait un petit roupillon.

Et j'étais vers 13h30 à Modane où je devais prendre possession de mon appartement. En effet depuis quelques jours, j'échange des messages avec Jean-Philippe, un de mes anciens élèves et ami FB car il possède un appart à Modane et se propose de me le laisser le temps qu'il me faudra pour me reposer avant l'Itale. J'ai bien sûr accepté avec joie et je tiens à remercier devant tous Jean-Philippe et sa famille pour ce joli geste.

Il vient à point car j'éprouve le besoin d'un peu de repos.

A demain. Je vous aime.

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 Jour 17 Modane-Modane

C'est durant le jour de repos que l'on se repose le moins.

J'ai trié mon sac sous l'œil attentif de Benaless. J'ai fait les courses pour la journée et en prévision des étapes de montagne sans possibilité de magasin (sans le dire à Jack). J'ai donné des coups de fil pour réserver les prochains hébergements. Je me suis promené en ville pour remplir ma crédentiale et remplacer les lunettes sur lesquelles je m'étais assis (mais oui !) avec les reproches d'une petite voix intérieure bien connue. Je me suis permis une pizza au restaurant à midi sous l'œil envieux de Grizzly. J'ai profité de la WiFi pour contacter mes enfants. J'ai mangé plein de choses interdites mais qui m'ont fait du bien: éclair, crème Mont-Blanc (désolé Sarah Dardenne). J'ai soigné les petits bobos dont je ne vous ai pas parlé pour ne pas vous inquiéter.

"Des bobos en Haute Maurienne, je pensais qu'il n'y en avait qu'à Paris!"

"L'étourdi, tais-toi!" hurle Phil.

J'ai remplacé ma banane qui, vu ma perte de poids, menaçait à chaque instant de se faire la malle avec mes sous, mes cartes et mes papiers d'identité. J'ai voulu visiter la ville mais je n'ai à vous donner comme photo que le fort Replaton vu d'en bas et mon orteil soigné vu d'en haut. Je suis même retourné en enfance en regardant un épisode de "La petite maison dans la prairie."

J'ai fait de la musculation le matin et du streching l'après-midi .

Et surtout je tourne en rond. Vous allez rire. Le chemin m'appelle. Il me manque. Je suis pressé d'être demain matin pour m'élancer à nouveau vers Assise.

A demain donc. Je vous aime.

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Jour 18 Modane- Refuge du Suffet

4h30 réveillé. Tout de suite branle-bas de combat dans ma tête.

Bill: Rendors-toi une heure!

Benaless: Ah non il faut tout retrouver avant de partir.

Françoise: oui et remettre en ordre comme cela l'était en arrivant.

Grizzly: c'est la moindre des choses.

L'étourdi: Où ça des roses.

Ok. On se tait. Je me lève.

Un heure et demie plus tard l'appartement était nickel. J'avais déjeuné. Jack était chargé. Je fermais la porte, coupais le courant et remettais les clés à leur place.

6h15 je traversais Modane en longueur pour m'arrêter à une boulangerie où j'ai siroté un café et dégusté un excellent croissant en faisant mon achat de pain quotidien.

Et puis ? Le bonheur! 6 longues heures de marche avec des dénivelés pas possibles mais quelle chance de vivre cela!

J'ai assisté, ébahi, au lever du soleil sur la cîme d'une montagne encore toute enrubannée d'un léger nuage sensuellement posé sur elle. J'ai traversé des villages où chaque maison aurait pu faire l'objet d'une photo. J'ai trempé mes pieds échauffés dans le lit de l'Arc en admirant les kerns de quelques enfants passés avant.

J'ai gravi une pente où tu es obligé d'être toujours sur la pointe des pieds et où tu te demandes si tes mollets ne vont pas claquer, tout cela pour découvrir une église du 11e siècle qui a gardé son caractère et son invitation à la méditation.

Et enfin j'arrive dans un refuge, accueilli comme un fils où on est prêt à me conduire quelques kms plus loin pour que je puisse vous envoyer ma petite bafouille.

Que la vie est belle !

Quand dans d'autres coins de France et de la planète la nature se rebelle contre ce que nous lui faisons subir, il est temps de réagir pour que nos petits-enfants puissent vivre une telle immersion dans cette si belle création.

Je vous laisse à cette réflexion.

A demain. Je vous aime

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Jour 19 Refuge du Suffet - Grande croix

Permettez-moi d'abord de revenir sur la journée d'hier. Arrivé très tôt dans ce petit coin de paradis, j'essaye de me montrer utile. Je participe donc à la cueillette des groseilles sauvages, à leur tri et à leur nettoyage. Ensuite Florence, une des aidantes du patron Louis, nous invite à mettre les pieds dans le ruisseau tout proche à un endroit aménagé pour nager. A 12° non merci. Juste les pieds. Je prends possession de ma chambre: un dortoir de 8 personnes pour moi tout seul. Jack choisit son lit qu'il partagera avec Freddy et Lapin, les autres étant obligés de rester dans les limbes de mon cerveau.

Au souper, la table est mise pour tous. Cela me permet de faire connaissance avec une famille de Francfort et trois amis français qui se font un séjour en montagne. Mon périple les intrigue tous surtout que deux des français sont médecins et se posent des questions quant à ma réussite.

Le repas est absolument succulent. Louis est un vrai chef. Voyez plutôt: velouté aux courgettes, poulet à la basquaise accompagné d'une salle chaude de bettes entières et de riz cuit dans l'huile, salade, clafoutis aux framboises.

Vraiment une adresse à retenir. Je vous la conseille, si vous aimez la montagne, la simplicité et la bonne bouffe.

J'ai mis plus de temps à m'endormir.

Je retrouve nos amis français au petit-déjeuner et après un au revoir et un merci appuyés à nos hôtes, je démarre.

Un des français me crie: "Tu vas voir. C'est beau là haut"

Au départ, je n'ai retenu que la première partie de la phrase: C'est beau.

Très vite j'ai resongé à la seconde partie: là haut.

En effet 2 h. plus tard, je montais encore les jambes lourdes mais le cœur de plus en plus léger parce que le spectacle qu s'est offert à moi toute la matinée fut de toute beauté. J'aurais pu prendre 10x plus de photos. Les alpages au sommet sont absolument magnifiques. Plusieurs fois Freddy à du rectifier notre parcours parce que je ne suivais pas les balises trop occupé à admirer le paysage. Françoise et Grizzly se partageaient les places derrière mes iris pour ne rien manquer du spectacle.

"Je suis contente de vivre cela avec toi", dit-elle tout bas.

"Moi, je resterais bien ici", reprit Grizzly

"Ça ne m'étonne pas, dit Phil, déjà à Rochehaut, on a du mal à te récupérer"

Arrivé au lac du Mont Cenis, je suis surpris par son niveau extrêmement bas. C'est malheureusement le cas de tous les lacs français. La plupart des torrents qui l'alimentation sont à sec.

J'ai quand même trouvé un torrent où tremper mes pieds tout en dînant avant de descendre à Grand-Croix où le seul logement trouvé est un hôtel.

 

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Jour 20 Grand-croix - Suza

Une nuit à l'hôtel ne permet malheureusement pas les merveilleux partages des soirées chez l'habitant.

Par contre elle permet un repos du corps grâce entre autre à son immersion dans l'eau bien chaude d'une baignoire. Grâce aussi à l'obligation d'attendre 7h30 pour déjeuner. Heureusement on annonce moins chaud pour cette journée mais aussi des risques d'orages.

Mais la grande nouvelle de ce matin est: "Bongiorno Italia".

En effet 200 m. après l'hôtel, je passe devant l'ancien poste de douane pour descendre vers Suza. 1671 m. de dénivelé négatif, de quoi chauffer les cuisses et le bout des orteils.

Comme je n'ai pas encore la foi jusqu'à transporter les montagnes, je suis obligé de les monter et les descendre.

Nous rejoignons dans cette descente la Via Francigena qui part de Canterbury pour aller jusqu'à Rome.

"Mais pourquoi marches tu si vite ?", s'enquiert Françoise

"Il a un train à prendre", rigole Bill

"Qui va-t-on pendre ?", demande l'étourdi

"Toi si tu continues...", s'énerve pour une fois Grizzly

En fait je me rends compte aussi que je ne sais pas marcher doucement. Et pourtant une fois encore le parcours est sublime. Alors je décide de multiplier les pauses repose-épaules pour les transformer aussi en pauses photos.

Je traverse quelques villages typiques italiens très jolis pour arriver à Susa au couvent de St-François reconverti en hôtel. Seconde nuit à l'hôtel. Cela commence à me donner un problème de conscience. Comment revendiquer la simplicité si je me permets de telles extravagances ? J'ai quand même eu l'explication de toutes ces réservations. En Italie le WE du 15 août est le plus demandé dans les gîtes et les BB.

Je prends la peine, malgré une douleur inquiétante à la cuisse, de faire le tour de cette belle ville pour vous en donner quelques photos.

A demain. Je vous aime.

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Jour 21 Susa - Trana

Depuis quelques jours, je me creuse les méninges à propos de mon programme à venir.

Je pars d'une obligation: je dois être le 26 au soir à Neive où je rencontre ma fille, Marie, et sa famille qui m'apporte mon médicament.

En effet le médicament qui soigne ma polyarthrite est une piqûre qui doit rester à température frigo jusqu'à son admission. Or il me reste 3 jours et 126 kms pour Neive. Il me manquera 2 jours: les 2 jours de repos pris plus tôt. Si je veux, comme promis écouter mon corps, je vais devoir avancer autrement qu'à pied.

Dans les étapes qui suivent une chose me paraît incontournable: la visite de l'abbatia di San Michel (www.sacradisanmichele.com).Je décide donc de m'y rendre en priorité sautant ainsi une étape en prenant le train.

J'avais auparavant subit les foudres de Benalless qui avait repéré mes lunettes sous le lit et mes bâtons plantés dans la poubelle.

Me voici donc après 20 min. de train et plus de 2 h. de montée devant cette fameuse abbatiale Saint-Michel.

Après toutes les années passées au Collège Saint-Michel et après l'énorme cadeau fait au profit de mon périple, je me devais de la visiter pour vous en faire profiter.

Je me suis ainsi rappelé que cet ouvrage fait partie des 7 grands édifices construits en ligne droite vers Jérusalem (voir photo). Comme les autres, édifié à même la roche, il est imposant. Différents tableaux ou sculptures font la part belle à notre Archange.

En redescendant par le chemin qui doit me mener à Trana, la douleur à ma cuisse revient pour s'intensifier jusqu'à l'arrivée. Par contre le chemin est magnifique encore une fois.

Jack fait connaissance un cours instant avec la pluie mais je m'empresse de le recouvrir de sa belle bâche jaune. Juste le temps que la pluie s'arrête...

En fin de parcours, je suis une rivière où je me fais un plaisir de laisser traîner mes pieds et j'arrive à 15h30 devant l'église où j'ai rendez-vous avec mon accueillant à ... 18 h.

Un pélerin apprend la patience.

J'en profite pour vous écrire et masser ma cuisse.

A demain. Je vous aime

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Jour 22 Trana-None

Je commence ma petite bafouille par une constatation. C'en est fini des discussions philosophiques et existentielles avec mes hôtes. La barrière de la langue est là et je suis déjà content de savoir réserver un endroit où dormir.

Cela n'empêche pas l'accueil d'être extraordinaire. Ainsi la paroisse de Trana met à notre disposition un étage entier avec 4 lits, une cuisine avec quelques nourritures dans le frigo, une salle de bain avec douche, des essuies, du savon et un cadeau pour chaque pèlerin. Tout cela au prix pèlerins, c'est à dire que l'on met ce que l'on veut dans la caisse. Il faut bien sûr être honnête et donner en fonction du service.

A peine parti de Trana en direction de None, je vérifie régulièrement que ma cuisse tient le coup. J'avais pris hier après-midi l'avis de mon vieux pote Pascal, médecin et sportif accompli et de mon ami Michel, kiné et lui aussi sportif qui m'avaient donné leurs avis sur la manière de "contrer" cette douleur sans doute due à une contracture.

Ma cuisse a tenu mais je sens que un peu de repos serait bénéfique. Inutile de vous dire que c'est aussi l'avis de Grizzly et de Françoise dont je tairai les commentaires. Bill, lui trouve que je devrais faire du cloche pied.L'étourdi quant à lui se demande pouquoi mettre des cloches à mes pieds.Je décide donc à la fin de mon étape de téléphoner à Marie et de lui dire que je ne bouge plus d'ici demain et que je l'attend à None, finale de cette étape de 22 kms.

Les paysages ne sont plus aussi beau. Nous traversons la plaine du Pô près de Turin.

J'ai quand même eu la chance de rencontrer à quelques mètres de moi un écureuil et deux chevreuils qui,apeurés se sont enfuis en quelques gracieux bonds.

Arrivé à None, dans un petit hôtel qui fait une réduction aux pèlerins je constate la perte ou l'oubli des savates que j'avais acheté en lieu et place de mes baskets perdus. J'ai pensé à ce moment à donner son C4 à Benaless mais je n'ai personne d'autre sous la main.

A demain. Je vous aime

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Jour 23 None - Neive

Si l'un des buts de cette "promenade" de deux mois et demi est de retrouver un sens à ma vie après l'acceptation du retrait de mon grand amour dans une part de mon cerveau et de mon coeur, la visite d'une partie de ma tribu aujourd'hui me rappelle que de toute façon ma vie a du sens. Ils sont tous ma raison de vivre et mon envie de voir tout le positif de notre existence. Quoi de plus beau que l'amour? C'est le message de la plupart des philosophies et des religions. En tout cas, c'est l'essentiel de la mienne.

En les attendant ce matin, je mesurais la chance d'être à la tête d'une telle tribu.

Ils me conduisent aujourd'hui jusqu'à ma prochaine étape, Neive. Une journée de repos devrait être suffisante pour ma cuisse récalcitrante.

L'agriturisme Ercol ana n'est pas une adresse au hasard. C'est une recommandation de mon ami François qui va s'y reposer de temps en temps

et en profite pour faire le plein de bon vin et d'amitié.

Nous y avons été reçu comme des rois. Les chambres sont super belles et ont l'air confortables.Renato et son équipe font tout pour nous être agréables. Demain nous serons au moins 4 à reprendre le chemin vers une autre étape. En attendant nous profitons des installations et de la gentillesse de nos hôtes qui, pour notre chance, parlent un peu français.

Je dois dire que cette visite booste mon moral qui en prenait un coup avec cette douleur à la cuisse et les paysages monotones de la plaine du Po.

Ici, nous sommes dans un environnement de collines habillées de vignes. Notre hôte propose d'ailleurs ses propres productions. Sans excès bien sûr. Nous devons marcher demain.

En terminant, à vous qui me lisez sur Facebook, je vous remercie de recommander ma page. Cela permettra peut-être à d'autres de participer à ma récolte de fond pour les deux associations que je soutiens.

A demain. Je vous aime.

 

Notre Collège

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  • 6041 Gosselies
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